19 novembre 2008
L'histoire est un éternel recommencement
” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé “.
A qui pensiez-vous ?
(en guise d'hommage et de réponse aux commentaires récents de Gaston, Beaugency Webmaster, FOo et les autres...)

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Commentaires
Le parallèle aurait pu être sympa... Sauf que aujourd'hui, Napoléon III et son action tendent à être évoqué positivement, en tout cas plus qu'à l'époque.
Alors dites vous, que si nous pensons à la même personne, l'histoire pourrait aussi lui donner raison.
Alors relativisons.
Ecrit par : Calamity Jane | 19 novembre 2008
- Darth-Nabot !
C'est bien la preuve que le devoir ne sert à rien !!!!
Bésitos
Eric
Ecrit par : Eric Citoyen | 19 novembre 2008
Chapeau bas à celui qui a retrouvé ce texte ;
et le bonjour à Gaston.
Ecrit par : Tryphon | 19 novembre 2008
Ironie de l'Histoire ? Ou prédiction de répétition ?
En effet, certains de mes ancêtres furent envoyés au bagne pour s'être révoltés contre Napoléon III.
...
Ecrit par : Steph / Polyborus Plancus | 19 novembre 2008
LNB , soit Napo le petit n'a pas (hélas) été qu'un plutocrate sans vergogne: extrait de LES RACINES DU SOCIALISME DE LOUIS-NAPOLEON BONAPARTE
Le paupérisme des années 1840
(Jean Sagnes )
"Louis-Napoléon Bonaparte, un socialiste ?
C’est en 1844, alors qu’il est détenu dans le fort de Ham en Picardie (jusqu’au 25 mai 1846, date de son évasion) après sa tentative avortée de coup d’Etat contre le gouvernement de Louis-Philippe en 1840, que Louis-Napoléon Bonaparte, par l’entremise de ses amis, fait publier une brochure intitulée Extinction du paupérisme pour extirper, selon ses vœux, la pauvreté de la classe ouvrière. Le texte qui énonce plusieurs propositions obtient un grand succès en France, notamment dans les milieux socialistes et ouvriers, puisqu’il est plusieurs fois réédité entre 1844 et 1848, année de son accession au pouvoir.
Pourquoi le fait d’accoler l’épithète socialiste à Louis-Napoléon Bonaparte peut-il étonner ? Tout d’abord, la distinction entre le communisme (qui prétend abolir la propriété privée et mettre en commun les moyens de production) et le socialisme (ses différents courants entendent améliorer le sort de la classe ouvrière et le système économique) est parfois difficile à établir dans la seconde moitié du XIXe siècle tant les dénominations sont alors fluctuantes. Or, se dire socialiste ne signifie pas nécessairement afficher des convictions révolutionnaires ou communistes.
Ensuite, le socialisme, pour la vulgate républicaine, est en contradiction avec le système monarchique. Il faut rappeler que c’est Louis-Napoléon (alors président depuis 1848 et favorable au suffrage universel à l’inverse de la majorité parlementaire) qui a aboli la Seconde République en 1852 pour fonder le Second Empire (1852-1870). Comme l’écrit Jean Sagnes, ce serait « presque sacrilège d’en faire un socialiste ». Pourtant, de nombreux socialistes français au XIXe siècle n’étaient pas républicains comme de nombreux socialistes européens aujourd’hui sont monarchistes (en Espagne, au Royaume-Uni ou au Danemark).
Enfin, Napoléon III a été un homme d’ordre, soucieux de préserver la France des révoltes sociales. Cependant, à l’époque, il n’existe aucune antinomie entre le socialisme et l’exigence de l’ordre. Jean Sagnes, auteur d’une mise en perspective historique claire et précise, a raison de rappeler que l’échec de la colonie « socialiste de Robert Owen dans l’Indiana (1825-1827) a été dû au refus d’imposer une discipline aux colons » ce que de nombreux réformateurs sociaux comme le fouriériste Victor Considérant (1808-1893) ne manqueront pas de méditer. Pour Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), Alexis de Tocqueville (1805-1859), François Guizot (1787-1874) ou Karl Marx (1818-1883), en dépit de certaines nuances, il ne faisait pas de doutes que Louis-Napoléon Bonaparte était socialiste. Aujourd’hui, les spécialistes de cette période de l’histoire de France ne contestent pas ses convictions socialistes (4). Pourtant, les clichés ont la peau dure.
La pensée du futur Napoléon III, née de son parcours politique et de ses écrits de jeunesse, ne doit rien à un calcul à visée électorale selon Jean Sagnes (chapitre IV). Sincère, elle puise ses origines dans les idées socialistes des années 1840. Mais à quel socialisme en particulier ?"
Notre actuel empereur est-il prêt à imposer un monarque au Mexique ? (contre la volonté du peuple) . Pour imposer la démocratie comme son ami GWBush. Sauf que Le Roi des Socialistes touvierophile tenait Reagan pur un grand Président... le clivage est si ténu ...
Ecrit par : grandcanyon | 19 novembre 2008
Calamity Jane,
Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l'Histoire : si c'est la même époque qui semble réhabiliter Napoléon III et qui a mis au pouvoir celui à qui nous pensons tous, celà n'est pas forcément dû au hazard, et ça ne donne fondamentalement raison ni au premier ni au dernier !!! Effectivement, relativisons !!!
Il ne s'agit pas de croire à un quelconque complot d'un pouvoir révisioniste, mais de dire qu'une pensée dominante s'exprime tout autant dans des publications que dans des buletins de vote.
Que retiendra l'Histoire (devrais-je dire "les Histoires futures") du passage de Sarkozi ?
Impossible à prévoir. Le moins possible, j'espère : ça voudra dire que les dégats ne seront pas irrémédiables.
Par contre ce qui a marqué la France du XIXe, j'ai l'impression que c'est davantage l'esprit de Hugo que celui de Napoléon III. Voilà qui peut nous laisser un peu d'espoir...
... ou de désespoir, car je ne vois pas bien où le chercher notre Hugo contemporain !
Ecrit par : Cb@ss | 20 novembre 2008
Merci de la dédicace... Il y a avait un très bon article polémique sur Napoléon III/ Sarkozy sur le site du Monde
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1058758
Problème, il faut être abonné pour le consulter maintenant :-(
Des similitudes m'avaient frappé dès le départ. Néanmoins les périodes sont différentes. Les traits de caractère (comme l'ambition démesurée, l'orgueil, le "blin bling") eux n'ont pas de limites dans le temps
Ecrit par : Beaugency Webmaster | 20 novembre 2008
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